Session 2 # Représenter la vie sociale : Early modern nationalities

Automne/Fall 2020


Toute l’équipe d’Hypothèses est ravie d’annoncer la suite de sa programmation de la saison 2020/2021!

La seconde session se déroulera le Mercredi 18 novembre à 17h sur ZOOM

https://uqam.zoom.us/j/84563724920

Intitulée «Représenter la vie sociale : Early modern nationalities» cette séance propose des conférences de Rebecca Johnson (Doctorat, McGill), The Construction of a Natione at San Girolamo degli Schiavoni et Valentin Bec (Doctorat, UQAM) Défier le regard. L’objet rebuté dans la scène de genre hollandaise du XVIIe siècle. La présidence de séance est assurée par Fannie Caron-Roy (UdeM)


During the sixteenth century, pope Sixtus V Peretti commissioned the renovation of the “national” church of the Schiavoni confraternity in Rome, San Girolamo degli Schiavoni (today -dei Croati). Comprised of members from modern-day Croatia, Bosnia and Herzegovina, Slovenia, and Montenegro, the confraternity was formed from opposing political affiliations – including the Venetian Republic, the Hungarian Empire, the Republic of Ragusa (Dubrovnik), and the Ottoman Empire. This presentation will examine how the church functioned as a monument to unify the Schiavoni people into a collective identity and presence in the papal city. By examining the exterior and interior of the church, alongside the church’s location and position within the urban topography of Rome, it will be argued that the Schiavoni people physically and socially embedded themselves within a prominent, highly-trafficked hub in the city. This project relies on the research of Jasenka Gudelj, who argues that Slavic architecture across Italy crafted their proto-national identity. This talk joins this discussion by analyzing San Girolamo’s position amongst other competing voices and nationes (that is, a foreign confraternity usually signified through a designated church) in the city.

Biography

Rebecca L. Johnson is currently a PhD candidate at McGill University working under the supervision of Dr. Chriscinda Henry. She graduated with an MA in Art History and Visual Culture from the University of Guelph in 2017, where she examined the side chapels of the French national church in Rome – San Luigi dei Francesi. Her research continues to focus on the construction, location, and appearance of ecclesiastical architecture in Rome, with a particular interest in how the church spaces of national or “foreign” communities fashioned an identity and collective presence of these groups, contextualized to the urban topography of the city. Rebecca is currently at the beginning of the research stages of her dissertation.


 Je propose de lire la scène de genre hollandaise à l’aune d’une méthodologie contemporaine jusqu’alors inusitée pour une telle peinture : la Thing Theory. Si une telle approche est nécessaire, c’est que je souhaite exhumer dans ces peintures un nouveau sujet que les diverses écoles de pensée n’ont pas pris soin, jusque-là, de commenter en tant que tel : les objets délaissés sur les sols de ces intérieurs bourgeois néerlandais pourtant réputés pour leur grande hygiène. Ces objets ainsi présentés au sol ont une valeur d’usage désactivée, sont dysfonctionnels – ils sont des rebuts. La Thing Theory nous aide à qualifier la nature de ces objets sans usage et à les considérer dans leur pur état de chose (« choséité »), et finalement à les constituer comme sujets et signes à part entière. Nous pouvons alors en percevoir leur agentivité et l’influence qu’ils exercent à la fois sur l’observateur d’aujourd’hui comme sur l’observateur contemporain à ces peintures. Ce qui m’amènera à étudier ces oeuvres en relation au contexte de surabondance matérielle que connaissent alors les Provinces Unies, un « embarras de richesses » (S. Schama) qui piège le regard et l’accapare et dont l’intérêt pour ce qui est indifférent, ce qui est rebuté pourrait être l’échappatoire.

Biographie

Une licence d’histoire de l’art et une licence de droit à l’université de Lyon, suivies de deux années de master passées à l’Ecole du Louvre, m’ont amené à côtoyer de près le marché de l’art dans lequel je me suis immergé via un investissement auprès des antiquaires. Nourrissant depuis toujours un intérêt pour la chose futile, pour le furtif et l’inutile dans l’art – ce qu’on appelle dans certaines circonstances « détail » – j’ai décidé de m’investir dans un projet de recherche dont la dimension conceptuelle qui fait la part belle à la représentation de l’indifférent en peinture en prenant comme matériau de travail les scènes de genre et d’intérieur hollandaises du Siècle d’Or. Je mène ainsi « L’attrait de l’indifférent. Le sol et ses rebuts dans la peinture hollandaise du XVIIe siècle » sous la supervision des professeurs Itay Sapir (UQAM) et Guillaume Cassegrain (Université de Grenoble).


Fannie Caron-Roy est doctorante et chargée de cours en histoire de l’art à l’Université de Montréal. Elle termine actuellement la rédaction d’une thèse sous la direction de Denis Ribouillault qui traite de la fonction dévotionnelle des décors des palais cardinalices dans la Rome de la Contre-Réforme. Son mémoire de maîtrise, déposé en 2015, lui a valu le Prix Michel-de-la-Chenelière octroyé par le Musée des beaux-arts de Montréal. Elle a également reçu, pour mener à bien ses recherches doctorales, le soutien du Conseil de recherches en sciences humaines du Gouvernement du Canada. Fannie a enseigné l’art de la Renaissance à l’Université de Montréal au cours des deux dernières années et a donné de nombreuses conférences dans le cadre de colloques internationaux.