Session 5 | 2025-2026

5ᵉ conference

Notre quatrième cinquième conférence de la saison,
Reappropriate to redefine, reinvest to critique: Repenser le m’mouat des Ekang du Plateau Sud Camerounais et le musée ethnographique,
aura lieu le 25 février à La Guilde dès 17 h 30.

Parodies et pastiches décoloniaux : critiques artistiques contemporaines du musée d’ethnographie

Cette communication présente une recherche doctorale menée entre l’Université de Montréal et l’Université Paris Nanterre. À la croisée de l’histoire de l’art et de la muséologie, elle s’appuie sur des installations et des performances critiques réalisées entre l’Afrique et l’Europe depuis 2002. S’inscrivant dans une critique institutionnelle désormais sensible à la colonialité du musée, ces œuvres interrogent le musée (notamment ethnographique) en tant qu’espace physique et concept, critiquant le traitement matériel (conservation, exposition) et épistémologique (étude, classification, interprétation) réservé aux objets d’art africain.

Ces œuvres partagent un même dénominateur : elles fonctionnent comme « pastiches », voire « parodies » du musée. Leurs auteurs exploitent les possibilités de renversements que permettent ces deux procédés pour déformer et détourner les dispositifs traditionnels et les « clichés » du musée d’ethnographie, exposant les non-dits, les impasses et les dysfonctionnements du musée.

Examinant la définition et les enjeux du « musée ethnographique » depuis la perspective des artistes, cette recherche propose d’analyser comment ces œuvres se positionnent comme de puissants plaidoyers pour une double décolonisation : celle des espaces muséaux, mais aussi celle du prisme par lequel la discipline de l’histoire de l’art a pu saisir les arts de l’Afrique depuis le 19e siècle.

Conférence présentée en français.

Imaginaires postcoloniaux et réappropriation contemporaine du m’mouat (costume) des Ekang du plateau Sud camerounais

Cette communication explore comment les Ekang du plateau Sud camerounais réinterprètent et se réapproprient leurs costumes locaux dans un contexte postcolonial. En examinant les dynamiques culturelles et identitaires, je cherche à comprendre les enjeux et les processus de cette réappropriation. Comment les Ekang utilisent-ils le m’mouat pour redéfinir leur identité culturelle après la période coloniale ? Quels sont les défis et les opportunités liés à cette réappropriation ?

De fait, les objectifs ici voguent entre l’analyser des dynamiques de réappropriation et de résurgence des usages contemporains du m’mouat tout en préservant leurs significations culturelles ; explorer l’influence des imaginaires postcoloniaux sur la perception et l’utilisation de ce dernier et documenter les pratiques vestimentaires actuelles des Ekang à travers des témoignages ou des exemples concrets. Les résultats attendus incluent le développement de nouvelles perspectives théoriques pour comprendre la réappropriation culturelle, en s’appuyant sur les travaux de certains chercheurs tels Achille Mbembe (2001) et Homi K. Bhabha (1994), et la mise en évidence de la manière dont cette réappropriation contribue à renforcer leur identité culturelle. À terme, les interactions entre tradition et modernité permettent aux Ekang de brasser ces deux pôles pour construire une identité postcoloniale dynamique et riche.

Conférence présentée en anglais.

Modérateur

Aziz Boughedir détient une licence en art visuels et pratiques des arts obtenue à l’Institut Supérieur des Beaux-Arts de Tunis. Il soutient par la suite un Master de Recherche dans le même Institut où il s’intéresse aux galeries d’art actuel Tunisiennes.

Depuis Janvier 2020, Aziz est candidat au doctorat à l’Université de Montréal. Ses intérêts de recherche portent sur les questions de valorisation et de légitimation de l’art ainsi que celle de la constitution des réseaux artistiques et des mondes de l’art qui leurs sont liées. Son projet de thèse se penche sur réseau de légitimation local en Tunisie, de la période du protectorat jusqu’à aujourd’hui, et les impératifs qu’imposent les réseaux internationaux vis-à-vis de ces réseaux locaux.

La Guilde est un organisme caritatif dédié aux arts visuels qui s’engage à soutenir les artistes qui repoussent les limites de l’artisanat au Canada. Nous gérons une galerie et conservons une collection et des archives qui préservent et enrichissent l’histoire de l’art et de l’artisanat.

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